les violences

Les violences conjugales, exercées dans la sphère privée que représente le foyer conjugal,
sont souvent considérées comme relevant de l’intime.
Elles sont de fait souvent incomprises, rendant difficile la prise de conscience de la part des victimes,
qui font face seules à des violences souvent minimisées et banalisées.

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Les différentes formes
de violences conjugales

Les violences conjugales sont un phénomène social, et découlent d’une société inégalitaire, dans laquelle 1 femme sur 10 en France en est victime. Ce constat met en lumière un véritable problème de santé publique grave et d’ampleur, ainsi que notre inévitable proximité avec le sujet, et, de fait, une nécessité de se l’approprier et de le comprendre. Ces violences peuvent prendre différentes formes et s’installer dans la durée, rendant parfois difficile leur identification. 

Il est donc important de pouvoir les nommer et les identifier, afin d’être en mesure de dénoncer et d’agir.

Les formes de violences sont multiples et peuvent coexister

L’auteur utilise sa voix comme une arme, soit par les propos tenus, soit par le ton utilisé. Si certains hommes violents vont élever le ton pour intimider leur compagne, d’autres, au contraire, vont prendre une voix plus suave et posée, ou garder leur timbre habituel pour proférer des injures, menaces ou sarcasmes, la rendant difficile à identifier. De fait, la violence verbale va souvent de pair avec la violence psychologique, puisque le conjoint violent utilise la violence verbale pour menacer, intimider, dévaloriser ou humilier sa victime.
Relèvent de la violence verbale : les reproches, les critiques, les humiliations, les menaces envers la femme et/ou les enfants, les insultes, l’emploi d’un ton brusque dans le but d’effrayer et de mettre mal à l’aise sa victime…

Elle désigne tout acte entraînant des dommages corporels ou risquant d’en entraîner, que l’auteur use de sa propre force physique ou bien d’objets externes, dans le but de soumettre sa victime à son pouvoir. Contrairement à une idée répandue, la violence physique n’est pas systématique à toute situation de violence conjugale.
Relèvent de la violence physique : frapper, pincer, gifler, pousser, brûler, poignarder/fusiller, empêcher des besoins physiques (manger, boire, aller aux toilettes), séquestration, frapper dans / casser un objet, ne pas porter assistance à la victime en danger, féminicide…

C’est un ensemble de comportements, de paroles, d’actes et de gestes visant à porter atteinte à l’intégrité psychique ou mentale de l’autre. L’auteur atteint sa victime dans son image, son identité, sa confiance en elle et son estime d’elle-même, jusqu’à ce qu’elle perde progressivement confiance en elle et en ses capacités. Cette forme de violence s’incarne par des attitudes ou des propos méprisants, rabaissants et humiliants. La victime s’isole de plus en plus des autres par peur du jugement, s’enferme dans la honte.
Relèvent de la violence psychologique : les critiques, le chantage, l’intimidation, les menaces (de séparation ou de suicide, par exemple),  les privations (de sortie, d’affection, la limitation d’accès au travail), les injures, l’isolement de la famille et des ami.e.s…

On entend par violence sexuelle tout acte sexuel, tentative d’obtention d’un acte sexuel, tout commentaire ou avance de nature sexuelle, visant à imposer son propre désir à autrui, sans son consentement ou sa compréhension. Les viols, les agressions sexuelles, les rapports acceptés sous la contrainte ou pour calmer le conjoint violent sont réguliers. Les victimes ont beaucoup de mal à en parler, ces pratiques restant pour elles associées à ce qu’elles pensent être le « devoir conjugal », et reste donc la forme de violence la plus cachée.
Relèvent de la violence sexuelle : le fait de forcer sa partenaire à avoir des rapports sexuels non consentis (avec lui ou avec d’autres partenaires), se prostituer, envoyer des photos/vidéos d’elle à caractère sexuel, visionner du contenu pornographique…
Mais aussi : le contrôle sur la prise de contraceptifs, la limitation des naissances, les grossesses ou avortements non désirés, transmission d’infections sexuellement transmissibles…

Elle désigne tout acte entraînant une dépendance financière/matérielle ou une précarisation de la victime, encourageant son isolement, dans le but de réduire son autonomie et limiter ses possibilités d’échapper à la relation. Elle est exercée différemment selon les milieux.
Relèvent de la violence économique et matérielle : la privation ou le contrôle des ressources financières et matérielles, l’engagement de crédit à l’insu de la victime, le contrôle des activités professionnelles (interdiction de travailler ou empêchement à travailler), les privations matérielles, le contrôle précis des dépenses…

Elles peuvent être commises pendant la relation du couple, au moment de la rupture voire après la fin de cette relation. Elles sont fréquemment démultipliées et intensifiées lors de l’annonce de la rupture et de la séparation ainsi que dans les premiers temps de la séparation.

Elle est définie par l’impact psychologique négatif renvoyé par la société à toute personne qui ne répond pas, de par sa situation personnelle et/ou professionnelle, aux attentes idéologiques de cette même société, contribuant ainsi au développement d’un sentiment d’infériorité et une régression dans l’échelle sociale.

Distressed woman with 'HELP' on mouth in moody lighting, symbolizing silence and pressure.
QUELQUES CHIFFRES

La violence conjugale tue

Les violences conjugales peuvent aller jusqu’à l’homicide. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 70% des femmes victimes d’homicide ont été tuées par leur compagnon. La dispute et le refus de la séparation demeurent les principaux mobiles de passage à l’acte.


Ces faits représentent 20% de l’ensemble des homicides et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner enregistrés en France en 2019.

41% des femmes victimes d’homicide avaient déjà subi des violences antérieures et 43% d’entre elles avaient déposé une plainte antérieure.
Cette violence et mortalité est en hausse : en 2019, 146 femmes ont été tuées par leur conjoint, un chiffre en hausse de 25% par rapport à 2018.

Suis-je victime de violence ?

Le violentomètre

Le violentomètre est un outil simple et utile pour « mesurer » si sa relation amoureuse est basée sur le consentement et ne comporte pas de violences.

Faire le test

Au cours des 12 derniers mois, est-ce que votre conjoint.e ou ami.e :
> Vous a empêché de rencontrer ou de parler avec des ami.e.s ou des membres de votre famille ?
> Vous a empêché de parler à d’autres hommes ?
> A critiqué, dévalorisé ce que vous faisiez ?
> Vous a imposé des façons de vous habiller, de vous coiffer ou de vous comporter en public ?
> N’a pas tenu compte ou a méprisé vos opinions, a prétendu vous expliquer ce que vous deviez penser dans l’intimité ? Devant d’autres personnes ?
> A exigé de savoir avec qui et où vous étiez ?
> A cessé de vous parler, refusé totalement de discuter ?
> Vous a empêché d’avoir accès à l’argent du ménage ?

Si avez répondu « oui » à 3 questions ou plus, ou si ces évènements se sont produits plusieurs fois, alors vous êtes peut-être victime d’une ou de plusieurs formes de violences conjugales : physiques, morales, psychologiques et / ou économiques.